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Ligne de Crête

Aide à mourir : Une liberté de plus pour la République ; un combat qui continue

Une parole vive pour penser le présent, nommer les faits et imaginer demain.

L’adoption de la loi sur la fin de vie constitue une étape historique. Elle reconnaît une liberté supplémentaire sans retirer aucun droit à quiconque. Elle renforce également la place des soins palliatifs et ouvre une nouvelle étape dans le combat pour le droit à mourir dans la dignité, qui devra continuer à évoluer au fil des débats démocratiques.
Vote définitif de la loi sur le droit à mourir dans la dignité
Le droit de choisir sa fin de vie ne retire aucune liberté. Il en reconnaît une nouvelle, dans le respect des convictions de chacun.

Une étape historique

Il est des jours où l'engagement de toute une vie prend une résonance particulière.

Pour celles et ceux qui, comme moi, militent depuis des années au sein de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, le vote définitif de cette loi est une immense émotion.

Non pas parce que le combat est terminé, mais parce qu'il franchit aujourd'hui une étape historique.

Une loi de liberté

Cette loi ne crée aucune obligation.

Elle ne retire aucun droit.

Elle ne demande à personne de renoncer à ses convictions philosophiques ou religieuses.

Elle reconnaît simplement qu'en République, chacun doit pouvoir décider librement de sa propre fin de vie lorsque toutes les conditions strictement prévues par la loi sont réunies.

C'est cela, la laïcité : une loi commune qui protège toutes les consciences sans en imposer aucune.

Une attente largement partagée

Ce vote est d'autant plus fort qu'il rejoint très largement l'opinion du pays.

Les enquêtes d'opinion montrent depuis plusieurs années une adhésion massive des Français à cette évolution.

Plus récemment, 84 % des Français approuvaient la proposition de loi, tandis que 74 % des médecins se déclaraient favorables à la légalisation de l'aide active à mourir.

Ces chiffres rappellent que cette réforme ne répond pas à une revendication marginale, mais à une attente profonde de notre société.

Soins palliatifs et aide à mourir : deux droits complémentaires

Je me réjouis également que cette réforme s'accompagne d'une montée en puissance des soins palliatifs.

Les opposer a toujours été une erreur.

Les soins palliatifs doivent être accessibles partout, pour tous, et mieux financés.

Ils constituent un droit fondamental.

L'aide à mourir en est un autre.

L'une ne remplace pas l'autre : elles répondent à des situations différentes et procèdent de la même exigence de dignité.

Une avancée appelée à évoluer

Cette loi est une avancée majeure.

Mais elle n'est pas encore la loi que beaucoup d'entre nous espéraient.

Elle reste plus restrictive que celles de plusieurs pays européens et certaines situations continueront malheureusement à rester sans réponse.

C'est pourquoi elle pourra, et elle devra, évoluer.

Comme toutes les grandes lois de liberté de notre République, elle s'enrichira de l'expérience, des réalités de terrain et du débat démocratique.

Aujourd'hui, je célébre cette victoire avec humilité. Demain, le combat continuera. Parce que la dignité n'est jamais un acquis définitif. Elle est une conquête permanente de la liberté humaine.

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