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Ligne de Crête

Une victime n’a pas de carte de parti

Une parole vive pour penser le présent, nommer les faits et imaginer demain.

La protection de l’enfance ne peut appartenir à aucun camp. Soutenir les victimes, c’est refuser le tri idéologique et exiger des responsables politiques autre chose que des paroles : des moyens, des actes et une présence durable.
Soutien à Arnaud Gallais et combat pour la protection de l'enfance
La protection de l’enfance ne devrait jamais devenir le terrain d’un tri politique entre celles et ceux qui auraient le droit de s’engager et les autres.

Un frère de combat

Je veux redire ici tout mon soutien à Arnaud Gallais. Arnaud est un ami, mais surtout un frère de combat. Nous nous sommes connus dans ce combat et nous menons souvent ensemble les mêmes batailles : protéger les enfants, écouter les victimes, soutenir les familles.

Il y a quelques jours, j’écrivais déjà mon indignation après la manière dont Raphaël Glucksmann avait été pris à partie autour d’un combat qui devrait pourtant dépasser les appartenances partisanes.

Ce que vit aujourd’hui Arnaud raconte, au fond, la même dérive : celle qui consiste à trier les soutiens, les victimes et les bonnes consciences selon le camp, le candidat, les fréquentations ou les mots de passe idéologiques du moment.

La protection de l’enfance n’appartient à aucun parti, à aucun candidat, à aucun camp.

Cette étrange police de la légitimité

J’ai moi-même croisé, y compris à Grenoble, cette étrange police de la légitimité.

Parce que l’on ne soutient pas le même candidat, certains se permettent de vous enfermer en quelques secondes dans une case : homme blanc, quinquagénaire, donc forcément représentant du patriarcat, donc forcément incapable d’avoir subi, compris ou traversé quoi que ce soit.

Le problème n’est même pas l’insulte.

C’est la paresse intellectuelle qu’elle révèle : juger une personne avant de connaître son histoire.

Et pendant ce temps, les victimes, elles, attendent.

Soutenir ne suffit pas

Les responsables politiques ne doivent pas simplement « soutenir » ces combats. Ils doivent s’y engager vraiment.

Pas venir de temps en temps, l’œil humide, taper dans le dos des familles puis repartir une fois les caméras éteintes.

Ils doivent mettre les mains dans le cambouis : voter des moyens, renforcer la prévention, la justice, la formation, l’accompagnement et la protection.

Parce que l’enfance est le socle de tout. Quand elle est abîmée, c’est toute la société qui finit par payer la facture.

Rester quand les projecteurs s’éteignent

Dans ces combats, personne ne devrait avoir à présenter sa carte politique avant de pouvoir apporter son soutien.

Ce qui devrait nous rassembler est beaucoup plus simple : protéger les enfants, entendre les victimes et faire en sorte que celles et ceux qui parlent ne soient jamais abandonnés.

C’est ce combat que je continuerai à mener. Avec Arnaud, avec les familles, avec les associations et avec toutes celles et ceux qui considèrent que la protection de l’enfance mérite mieux que nos querelles politiques.

Les victimes n’ont pas besoin de gardiens du temple.

Elles ont besoin de femmes et d’hommes qui restent là quand les projecteurs s’éteignent.

Pour aller plus loin

Lire l’article de L’Opinion consacré à Arnaud Gallais et aux attaques dont il dit être la cible.

Lire l’article de L’Opinion

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