Quand la lutte contre la violence en emprunte les méthodes
La violence politique a ce paradoxe troublant : celles et ceux qui prétendent la combattre finissent parfois par emprunter les méthodes de leurs adversaires.
Intimidation, désignation d’un ennemi, volonté de contrôler la rue, recours à la force… Certaines pratiques de groupes se revendiquant antifascistes ressemblent étrangement à celles des groupuscules d’extrême droite.
Les idéologies diffèrent, mais la brutalité ne change pas de nature.
Raphaël Arnault à Grenoble : quel est l'objectif politique ?
Alors, lorsqu’Élisa Martin présente comme un « honneur » la venue à Grenoble de Raphaël Arnault, définitivement condamné pour violences en réunion et cofondateur de la Jeune Garde, mouvement dissous pour ses agissements violents, une question s’impose :
Quel est l’objectif politique ?
Qu’il puisse s’exprimer est un droit.
Mais pourquoi chercher à l’ériger en symbole ? Qui cherche-t-on à séduire ? Quelle provocation veut-on susciter ?
Et quelle responsabilité prend-on en cultivant ainsi la confrontation, dans une société qui aurait tant besoin d’apaisement ?
La cohérence ne peut pas dépendre des appartenances
L’affaire Quatennens, condamné pour violences conjugales puis réintégré au groupe LFI, avait déjà montré les limites de certaines indignations.
Et j’entends déjà les procès d’intention : « Vous faites le jeu du RN ! »
Non. Je combats les idées et les méthodes du Rassemblement national avec la même détermination. Et c’est précisément pour cela que je refuse de tolérer chez les uns ce que je condamne chez les autres.
Dénoncer une dérive n’est pas rejoindre celles et ceux qui la dénoncent également.
C’est rester fidèle à ses principes, sans laisser quiconque nous dicter nos indignations.
Car les extrêmes se nourrissent mutuellement de leurs outrances, chacun trouvant dans les excès de l’autre une justification aux siens.
Le courage politique ne consiste pas à choisir ses indignations
La gauche a déjà trop souffert de celles et ceux qui prennent la provocation pour du courage politique et préfèrent fermer les yeux sur les dérives de leurs amis plutôt que de défendre les valeurs qu’ils proclament.
Le véritable courage politique ne consiste pas à choisir la violence que l’on excuse, mais à n’en excuser aucune.