
On peut penser ce qu’on veut d’elle. On peut être en désaccord. Mais elle est une activiste. Elle porte une parole. Une parole qui dérange parfois, qui bouscule souvent, mais qui existe. Et dans une démocratie vivante, une parole qui dérange fait partie du paysage. Le débat contradictoire n’est jamais un danger. Il est une respiration.
Ce qui se passe à Paris ressemble étrangement à ce que l’on observe ailleurs, y compris à Grenoble. Les mêmes profils reviennent. Les mêmes collaborateurs. Les mêmes circuits fermés. Les mêmes apparatchiks formés dans les arcanes politiques qui ne veulent entendre que celles et ceux qui leur ressemblent. Ceux qui ne troublent pas l’équilibre interne. Ceux qui ne déplacent rien.
À force, on stérilise la politique. On l’affadit. On la réserve à des professionnels de la mécanique partisane, à des alimentaires du pouvoir qui, dans les couloirs de la République, décident de l’alpha et de l’oméga. Puis on s’étonne que la majorité des citoyens ne s’y reconnaisse plus.
J’ai aussi une pensée pour mon ami Jean-Luc Romero qui lui non plus ne sera pas de la prochaine équipe. Est-ce pour les mêmes raisons ? Je ne sais pas. Mais la question mérite d’être posée.
À force d’exclure les voix qui dépassent, on fabrique une politique hors-sol. Et quand le lien se rompt, certains rêvent d’un choc d’abstention. D’un silence si massif qu’il obligerait enfin à se regarder en face. Mais soyons lucides : beaucoup sont prêts à être élus par un minimum de votants, tant que le système tient.
La vraie question est là : veut-on une démocratie vivante, traversée de tensions fécondes, ou une scène bien rangée où seuls parlent ceux qui ne dérangent personne ?
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