
Renee Nicole Good. Renee Nicole Good. Renee Nicole Good.
Répéter son nom comme on frappe à une porte fermée. Répéter son nom comme on allume une lampe dans la nuit. Répéter son nom pour que sa mort ne devienne pas une statistique, pour que son visage ne soit pas avalé par la routine de l’horreur.
Renee Nicole Good était une mère. Renee Nicole Good était une femme ordinaire. Renee Nicole Good était vivante.
Et l’État l’a tuée.
Non pas dans une guerre. Non pas dans un chaos incontrôlable. Mais dans une rue, un matin, dans un pays qui se disait libre. Elle ne menaçait personne. Elle ne combattait personne. Elle rentrait dans la vie.
Renee Nicole Good est morte parce qu’un pouvoir a choisi la peur. Parce qu’un pouvoir a appris à tirer avant de comprendre. Parce qu’un pouvoir a décidé qu’un corps pouvait devenir une cible.
Ce n’est pas un accident. C’est une logique. C’est une idéologie. C’est le fruit amer du trumpisme quand il devient une manière de gouverner : voir des ennemis partout, désigner avant d’écouter, frapper avant de juger.
Et ne croyons pas que cela ne concerne que l’Amérique.
Car ce monde-là voyage. Car ce langage-là s’exporte. Car cette tentation-là séduit.
En France aussi, des responsables politiques louent Trump. En France aussi, certains rêvent d’un pouvoir plus dur que le droit. En France aussi, on banalise l’idée que la force serait plus efficace que la justice, que la brutalité serait plus simple que la démocratie, que la peur serait un moteur politique acceptable.
Alors répétons son nom.
Renee Nicole Good, pour que sa mort ne devienne pas un simple fait divers. Renee Nicole Good, pour que sa vie ne soit pas effacée par la communication officielle. Renee Nicole Good, pour rappeler que derrière chaque “incident” il y a un cœur qui battait.
Répétons son nom comme on plante un drapeau de dignité. Répétons son nom comme on dresse une frontière morale. Répétons son nom pour dire : ce monde-là n’est pas le nôtre. Cette dérive-là n’est pas inéluctable. Cette violence-là ne sera jamais normale.
Car lorsqu’on cesse de nommer les morts, on commence à accepter qu’il y en ait d’autres…
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