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Ligne de Crête

Pédocriminalité : la communication ne remplacera jamais l’action.

Une parole vive pour penser le présent, nommer les faits et imaginer demain.

Des années après les premières alertes, la Région affiche aujourd’hui son soutien à une conférence consacrée aux violences sexuelles. C’est utile. Mais cela ne dispense ni de regarder le passé, ni surtout d’utiliser pleinement les leviers régionaux qui existent encore pour prévenir, contrôler et agir.
Conférence sur les violences sexuelles et le déni social soutenue par la Région Auvergne-Rhône-Alpes
Une conférence peut ouvrir une porte. Mais sur les violences sexuelles, la communication ne peut jamais remplacer l’action publique.

Quand la mémoire politique devient sélective

Il faut quand même une certaine audace pour afficher aujourd’hui ce soutien comme si l’histoire commençait là.

Et le titre choisi, « Violences sexuelles et déni social », ne manque pas d’ironie.

Car en matière de déni, la Région devrait aussi se souvenir de sa propre histoire.

Dès 2022, j’interpellais déjà la Région

Dès mars 2022, à la suite du rapport Sauvé et alors que notre territoire apparaissait parmi les plus durement touchés par les révélations de pédocriminalité dans l’Église, j’interpellais déjà la Région.

Je demandais quelque chose de simple : regarder ce que nous financions, faire un état des lieux et utiliser les leviers régionaux pour prévenir, former et protéger.

En mars 2023, j’ai porté cette demande jusque dans l’hémicycle : un état des lieux des financements accordés aux établissements concernés par des enquêtes portant sur des faits de pédocriminalité et une véritable réflexion sur l’action régionale.

La réponse n’a pas été l’action

La réponse n’a pas été l’action.

Elle a d’abord été le silence, puis une plainte en diffamation, une mise en examen et près de deux années de procédure.

Le 18 février 2025, j’ai finalement été relaxé.

Il arrive décidément qu’en politique, on ait le tort d’avoir posé trop tôt les questions que tout le monde finit par se poser.

J’ai vécu cette judiciarisation comme une manière de déplacer le débat : au lieu de répondre à la question posée, c’est celui qui la posait qui s’est retrouvé au centre de l’actualité judiciaire.

Et pendant que je finançais ma propre défense, la Région engageait, elle, les moyens de la collectivité dans cette procédure.

Une conférence ne remplace pas une politique publique

Alors non, on ne réécrit pas l’histoire à coups de communication.

Soutenir aujourd’hui une conférence est utile, mais cela n’efface ni les choix d’hier ni ce qui reste à faire.

Et surtout, une conférence ne se substitue jamais à l’action publique.

Car la Région peut agir.

Dans les lycées et la prévention auprès des jeunes, bien sûr, mais aussi dans le sport, la culture, la formation sanitaire et sociale, les actions éducatives, le soutien aux associations et, plus largement, dans toutes les structures qu’elle finance ou accompagne.

Les révélations intervenues ces dernières années dans le sport comme dans le monde de la culture montrent précisément pourquoi aucun de ces champs ne peut être considéré comme extérieur à cette question.

La Région a des leviers. Qu’elle les utilise.

La Région a des leviers. Elle peut encore les utiliser.

Elle peut conditionner davantage ses soutiens, renforcer la prévention, former les professionnels, sensibiliser les jeunes, accompagner les structures et évaluer ce qu’elle finance.

C’était déjà l’esprit de ma démarche en 2022.

Et ceux qui soutiennent aujourd’hui cette initiative auraient sans doute pu donner davantage de force à ce combat en soutenant aussi, à l’époque, la demande que la Région se saisisse réellement du sujet.

Prévenir, former, protéger, contrôler ce que nous finançons : voilà ce qu’une collectivité peut concrètement faire.

Le sujet est trop grave pour devenir une querelle de personnes

Pour autant, je le dis sans ambiguïté : j’invite celles et ceux qui le peuvent à participer à cette conférence.

Le sujet est trop grave pour devenir une querelle de personnes.

Mais la mémoire compte.

Et sur un tel sujet, les mots n’effacent pas les actes manqués.

Une conférence peut ouvrir une porte.

Il appartient maintenant à la Région de la franchir.

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