Une présidentielle ne se gagne pas à 30 %
François Hollande a récemment rappelé une évidence que nous devrions tous garder en tête : la gauche, toutes sensibilités confondues, représente aujourd’hui autour de 30 % du corps électoral. Or une présidentielle ne se gagne pas à 30 %.
En 2012 déjà, avec un rapport de forces bien plus favorable, il avait fallu convaincre au-delà de son propre camp. En 2027, l’effort devra être plus grand encore.
Le sujet n’est pas seulement de rassembler ceux qui pensent déjà comme nous. Il est de convaincre ceux qui ne nous écoutent plus.
Un paysage politique encore fragile
Le dernier sondage OpinionWay dit quelque chose de cette fragilité. François Hollande n’y apparaît pas en situation de qualification, mais sa présence modifie les équilibres et rend moins automatique le scénario d’un duel entre le RN et LFI.
Raphaël Glucksmann, de son côté, confirme qu’il existe un espace pour une gauche social-démocrate, européenne et de gouvernement.
L’affection politique n’interdit jamais la critique
J’ai toujours gardé une affection politique pour François Hollande, sans jamais considérer que la fidélité devait interdire la critique.
La déchéance de nationalité m’avait profondément heurté ; la loi El Khomri avait, à mes yeux, créé une fracture dont la gauche porte encore les traces.
Mais l’esprit critique vaut pour tous, hier comme aujourd’hui.
Les convergences sont plus nombreuses qu’on ne le dit
Ce qui m’intéresse désormais est ailleurs.
Sur le travail, l’Europe, l’industrie, l’école, la santé, l’écologie ou les services publics, les convergences sont plus nombreuses qu’on ne le dit entre ceux qui veulent reconstruire une social-démocratie crédible, capable de gouverner sans renoncer à transformer.
Il existe des différences, bien sûr. Elles doivent être débattues. Mais elles ne devraient pas empêcher de regarder ce qui peut demain nous permettre de reconstruire un projet suffisamment solide pour gouverner, et suffisamment large pour convaincre au-delà de nous-mêmes.
Une primaire pour clarifier, puis rassembler
C’est pourquoi je regrette que François Hollande ne participe pas à la primaire.
Non pour rejouer le passé, mais parce qu’une vraie confrontation démocratique entre ces lignes aurait permis de clarifier, puis peut-être de rassembler plus solidement.
Une primaire devrait précisément servir à cela : confronter des visions, permettre un choix clair, puis donner à celui ou celle qui l’emporte une légitimité suffisamment forte pour rassembler derrière lui.
Le sujet n’est pas de savoir qui prendra la plus grande part d’une gauche à 30 %.
Faire de 30 % une majorité possible
Le sujet est de savoir comment parler de nouveau à ceux qui ne nous écoutent plus, et comment faire de ces 30 % une majorité possible.
Cela suppose de retrouver celles et ceux qui se sont éloignés de la gauche, mais aussi de parler aux classes populaires, aux classes moyennes, au monde du travail et à tous ceux qui ne se reconnaissent plus dans les affrontements permanents.
Rassembler la gauche est nécessaire.
Rassembler les Français est indispensable.
Pour aller plus loin
Lire l’article de La Dépêche consacré au sondage OpinionWay et aux hypothèses pour l’élection présidentielle de 2027.
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