Une décision à regarder avec sérénité
La décision rendue par le Tribunal administratif de Grenoble mérite d'être regardée avec sérénité.
Je ne partage pas les combats politiques de celles et ceux qui ont porté ce recours.
Je n'ai jamais considéré que la laïcité devait devenir un instrument de confrontation ou de stigmatisation.
J'ai toujours défendu une République qui protège la liberté de conscience et respecte chacune et chacun dans ses convictions.
La force des principes communs
Mais je crois aussi que la force de notre modèle républicain réside dans l'existence de règles communes, applicables à tous, sans distinction.
C'est ce que rappelle aujourd'hui le Tribunal administratif.
Non pas en condamnant une religion.
Non pas en opposant les citoyens les uns aux autres.
Mais en rappelant qu'une collectivité ne peut s'écarter du principe commun que dans des conditions strictement encadrées.
Refuser les guerres culturelles
Je ne vois donc dans cette décision ni une victoire idéologique, ni une revanche politique.
J'y vois un rappel utile : dans une République laïque, la liberté de chacun est garantie par la solidité des principes communs, non par leur fragmentation.
À une époque où tout semble devoir être rangé dans des camps opposés, je continue à croire qu'il existe un chemin plus exigeant.
Celui d'une gauche républicaine qui refuse à la fois les instrumentalisations identitaires et l'abandon de l'universalisme.
Faire vivre l'universalisme républicain
La République ne se construit ni dans l'exclusion, ni dans le renoncement.
Elle ne gagne rien à opposer les citoyens les uns aux autres.
Elle s'affaiblit lorsqu'elle abandonne les principes qui permettent précisément à chacun de vivre librement ses convictions.
La République ne se construit ni contre les croyants, ni contre les principes. Elle se construit lorsque les libertés individuelles et l'intérêt général avancent ensemble.
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