On juge les responsables politiques à ce qu’ils disent et surtout à ce qu’ils font.
Lors de la commission permanente du Conseil régional Auvergne Rhône-Alpes qui se tiendra demain 28 juin 2019, Laurent Wauquiez demande aux élus régionaux d’attribuer une subvention de 22 000 euros à l’association SOS Chrétiens d’Orient en Irak.
Laurent Wauquiez ne peut ignorer qui sont les mandataires de cette association : des identitaires d’extrême-droite qui sous couvert de défendre les Chrétiens victimes des atrocités de Daesh, font prospérer une entreprise politique extrémiste. Comme l’ont rappelé plusieurs articles de presse qui n’auraient pas dû échapper à la vigilance du Président Wauquiez :
– Charles de Meyer, le Président Fondateur, habitué des causeries de Radio Courtoisie, est un ancien collaborateur du député extrémiste Jacques Bompard
– le cofondateur et trésorier Benjamin Blanchard de l’association fut collaborateur de Marie-Christine Arnautu, ancienne eurodéputée FN. Il est cadre de la Fondation identitaire Polemia et membre de l’Observatoire du journalisme, officine d’extrême-droite dont le plaisir favori est de rédiger des fiches sur les journalistes, est connu pour s’être fait interpeller le 24 mars 2013 devant l’Elysée dans le cadre des manifestations anti « mariage pour tous ».
– Olivier Demeocq, autre dirigeant de SOS Chrétiens d’Orient, lui aussi fidèle contributeur de Radio Courtoisie, est connu pour son talent d’organisateur de concerts de rock identitaires
– Surtout, le chef de projet de SOS Chrétiens d’Orient, François-Xavier Gicquel, ancien du FN, ancien membre des Jeunesses nationalistes dissoutes par le Gouvernement, est connu pour le salut nazi qu’il manifesta le 27 avril 2012 sur la tombe de Mussolini, aux côtés d’Alexandre Gabriac.
Toutes ces informations sont disponibles sur la page Wikipedia de l’association, sur le site de Libération, du Monde et de Buzzfeed. Un enfant de 12 ans les auraient trouvées en 3 minutes. Pourquoi les équipes de Laurent Wauquiez ont été incapables d’en faire autant avant de proposer aux élus de la République de donner aveuglément 22 000 euros à ce qui est en réalité un groupuscule extrémiste. Je demande une enquête administrative interne afin de savoir dans le plus brefs délais les conditions dans lesquelles ce dossier a été instruit et de savoir si les membres du cabinet de Laurent Wauquiez ont été amenés à recevoir dans nos locaux, notamment, le chargé de projet néo-nazi de l’association.
Ma famille est arrivée en France pour fuir le fascisme. Je ne penserais pas que plusieurs décennies après cela, je serais obligé de demander aux élus régionaux de rejeter une subvention en faveur de nostalgiques de Mussolini. J’ai honte aujourd’hui de voir comment l’électoralisme conduit aux pires trahisons et aux outrages les plus grossiers à la mémoire. En début de mandat, Laurent Wauquiez avait tenté de baisser les moyens alloués à la maison des enfants d’Izieu. A l’époque, il avait fallu toute la mobilisation des élus et des citoyens pour le faire revenir à la raison. Aujourd’hui, il propose de subventionner un groupuscule d’extrême-droite. L’histoire jugera. Il a jusqu’à demain pour s’expliquer et retirer ce dossier du vote pour éviter la honte et le déshonneur. Quand on a été comme lui le compagnon de route de Jacques Barrot et député de la terre des Justes en Haute-Loire, ce sont des choses qui, espérons-le, devraient compter.