Les artisans de la haine : quand la manipulation engendre l’infamie

Billet

La haine ne naît jamais seule...

Elle s’insinue, elle se distille dans les esprits que l’on veut modeler, elle se nourrit de peurs savamment entretenues, de fantasmes patiemment inculqués. Ceux qui l’attisent ne sont pas toujours ceux qui frappent. Ils se tiennent à l’abri, dans l’ombre, murmurant aux plus crédules que l’autre est une menace, que sa simple présence est une offense. Et lorsque le poison a fait son œuvre, les plus malléables deviennent les instruments d’une violence dont ils ne mesurent pas toujours la portée.

J’ai vu cette mécanique à l’œuvre. Elle n’a pas toujours le visage brutal de l’agression visible, parfois elle se glisse dans les regards, dans les insinuations, dans les exclusions feutrées. J’ai connu cette hostilité qui ne dit pas son nom, cette manière d’indiquer que l’on n’est pas à sa place, que l’on dérange par ce que l’on est, plus encore que par ce que l’on fait. Toujours cette même matrice : créer du rejet, creuser la distance, dresser les uns contre les autres pour mieux asseoir une domination qui ne dit pas son nom.

Ceux qui soufflent sur ces braises savent pourtant qu’ils n’oseront jamais assumer pleinement le feu qu’ils provoquent. Ils instrumentalisent, ils manipulent, mais laissent à d’autres le soin de commettre l’irréparable. Ils avancent masqués, feignant l’innocence, se cachant derrière l’ignorance supposée de leurs victimes consentantes. Et pourtant, l’intention est là, sourde, persistante, animée d’une volonté claire : fragmenter, exclure, humilier.

Face à cela, le silence est un renoncement, la tiédeur une complicité. Il faut nommer les choses, refuser l’indifférence, et rappeler inlassablement que la République ne saurait être un terrain de jeu pour les artisans de la discorde. Car ce qui se joue ici dépasse les individus : c’est l’idée même du vivre ensemble qui est mise à l’épreuve. Et c’est elle qu’il nous appartient de défendre, avec fermeté, avec lucidité, sans jamais céder un pouce de terrain à ceux qui, dans le secret de leurs calculs, rêvent d’un monde où l’autre n’aurait plus sa place.

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