Carignon en coulisses, Aldeguer en façade : réponse aux attaques et mise au point

Billet

Je prends acte des propos tenus par M. Thierry Aldeguer et me permets d’y répondre point par point avec la rigueur et la clarté qu’exige le débat public.

D’abord, je constate que plutôt que de répondre sur le fond des critiques formulées, M. Aldeguer choisit de recourir à l’attaque personnelle et à la caricature. Ce procédé, bien connu, vise à détourner l’attention du cœur du problème : la tentative de recomposition politique autour d’Alain Carignon et les conséquences que cela pourrait avoir pour Grenoble.

1. Un rassemblement républicain ou un retour du passé ?

M. Aldeguer évoque un « vaste rassemblement républicain » qui serait porté par M. Carignon. Parlons franchement : il ne s’agit en réalité que d’une tentative de retour en politique d’un homme dont le passif est lourdement connu des Grenoblois. Faut-il rappeler qu’il fut condamné pour corruption et abus de biens sociaux et que son retour en 2020 a été largement rejeté par les électeurs ? Si l’on parle de l’intérêt de Grenoble, alors il faut le faire en toute transparence. Or, construire une alternative crédible ne saurait passer par ceux qui ont contribué, hier, aux dérives que nous dénonçons aujourd’hui.

Mais il semble qu’évoquer ce passé pourtant factuel soit, selon M. Aldeguer, une forme d’agression. Justifier des attaques abjectes sur mes parents disparus tout en tentant de répondre à mes rappels des états de service judiciaires d’Alain Carignon, c’est non seulement un peu court, mais surtout profondément minable. Qu’un porte-parole politique s’abaisse à relativiser de telles ignominies en dit long sur la nature de ceux qui entourent M. Carignon et sur leur conception du débat public. Quant à invoquer un prétendu « droit à l’oubli » pour exiger que l’on taise un passé pourtant lourd de conséquences pour Grenoble, c’est une tentative bien maladroite d’effacer l’histoire. Mais la réhabilitation judiciaire ne gomme ni les faits, ni leur impact, ni le droit des Grenoblois à s’en souvenir. Cette posture défensive, qui préfère la victimisation à l’examen de conscience, prouve surtout une chose : ici, rien n’a changé. Cette énergie n’est pas tournée vers Grenoble ni vers l’avenir, mais vers la réhabilitation d’un homme.

2. De la fascination à la lucidité : un cheminement naturel

Attribuer à mon parcours une quelconque proximité avec Alain Carignon relève d’une simplification aussi grossière qu’infondée. Que l’on soit clair : lorsqu’on s’intéresse à la politique et que l’on a 12 ans en 1983, il est évident que l’on regarde avec curiosité et fascination les figures qui occupent le devant de la scène. Comme tout jeune passionné de la chose publique, j’ai grandi en observant un homme qui, malgré ses défauts, ses déboires et ses dérives, avait ce talent singulier de capter l’attention, de séduire, presque d’hypnotiser, un peu comme le serpent Kaa dans Le Livre de la Jungle.

Mais vient un âge où l’on passe de la fascination à la lucidité. On comprend que derrière les beaux discours et les postures médiatiques, il n’y a parfois qu’un décor de cinéma, cachant des coulisses bien moins glorieuses. Et lorsque l’on atteint cette maturité politique et morale, deux choix s’offrent à vous : soit on adhère pleinement à ce système, avec ses méthodes et ses objectifs, soit on s’en écarte pour défendre une autre vision. J’ai fait mon choix, et ce choix, c’est de partir, précisément parce que je ne partageais ni la vision, ni les méthodes, ni l’éthique de cette manière d’envisager la politique.

3. Mon parcours politique : une constance dans l’engagement

M. Aldeguer tente de discréditer mon engagement en soulignant mon itinéraire politique. Mais si évoluer, s’adapter aux défis de son temps et rechercher les meilleures solutions pour sa ville sont des défauts, alors j’assume pleinement ces « fluctuations ». Contrairement à d’autres, mon engagement a toujours été guidé par une seule boussole : l’intérêt général et la protection des plus vulnérables. Ce sont ces valeurs qui m’ont conduit à m’opposer fermement à toute tentative de retour d’Alain Carignon aux responsabilités.

Quant à mon prétendu isolement, il est facile de s’en rendre compte : mon action régionale, mes engagements locaux et mes prises de position sont régulièrement soutenus et relayés par ceux qui partagent mes préoccupations pour l’avenir de Grenoble. Si défendre une ligne cohérente et exigeante signifie être seul, alors j’accepte volontiers cette solitude, tant qu’elle reste fidèle à mes convictions.

4. Le vrai sujet : Grenoble mérite mieux

Le véritable enjeu ici n’est pas ma personne, mais bien l’avenir de Grenoble. La manœuvre qui consiste à minimiser ou ridiculiser les critiques pour éviter d’y répondre ne trompera personne. Le fait est que cette rencontre entre Mme Chalas et M. Carignon est une erreur politique majeure. Elle envoie un message brouillé aux électeurs et alimente l’idée que toutes les alliances sont possibles, même les plus contraires aux principes que l’on prétend défendre. À l’heure où les Grenoblois attendent de véritables alternatives crédibles, s’allier avec un passé rejeté par les urnes ne peut être une solution.

Plutôt que de chercher à discréditer ceux qui pointent des incohérences, il serait plus constructif de proposer un vrai projet, honnête et en phase avec les aspirations des Grenoblois. Grenoble ne mérite ni le dogmatisme sectaire qui l’enferme dans une impasse idéologique, ni le retour des vieilles méthodes, réactivées par une coalition où se croisent les figures les plus extrêmes de la droite locale et les stratégies les plus nauséabondes du trumpisme. Il est temps de bâtir une alternative ambitieuse, sérieuse et intègre. C’est sur ce terrain que je continuerai à me battre.

Ajouter un commentaire

Le code HTML est affiché comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.