Pourquoi ? Parce que le temps efface les souvenirs. Parce que ceux qui n’ont pas vécu cette époque ignorent ce qu’il a fait. Mais aussi parce que la gauche qui gouverne aujourd’hui a failli sur bien des aspects.
Soyons lucides : une partie des Grenoblois se sent ignorée, méprisée, tenue à distance des décisions. À force de verticalité, d’idéologie rigide et d’absence d’écoute, la majorité municipale a alimenté un rejet qui pourrait profiter au pire. Cette colère, il faut l’entendre. Cette défiance, il faut la comprendre.
Mais ce rejet, aussi légitime soit-il, ne doit pas nous conduire à l’oubli. Carignon, c’est une condamnation pour corruption, abus de biens sociaux et subornation de témoins. C’est une gestion qui a livré la ville aux intérêts privés, un mépris des règles et de la démocratie. Et aujourd’hui, il ose revenir, parlant de rassemblement, comptant sur l’amnésie collective pour masquer son passé.
Et autour de lui, une droite trumpiste sauce Carignon-Wauquiez, prête à toutes les compromissions, y compris avec l’extrême droite. Des macronistes, toujours prompts à dénoncer les « extrêmes », mais qui n’hésitent pas à pactiser avec le pire de la politique locale.
Alors oui, la gauche doit changer, reconnaître ses erreurs, se renouveler. Mais elle ne doit pas s’effacer. Car si nous laissons nos divisions et notre arrogance ouvrir la voie à Carignon et ses alliés, nous porterons une lourde responsabilité.
L’heure est au sursaut. Pas à l’oubli, ni au renoncement.