Nous ne pouvons que souscrire à la volonté d’aider les populations touchées par les guerres qui sévissent depuis de trop nombreuses années dans cette région. Les terroristes ne reculent devant aucun crime pour y asservir les populations et y opprimer les minorités : meurtres, torture, recours à l’esclavage, viols et violences sexuelles, déplacements forcés de populations, disparitions…
Nous ne nions pas la pertinence, l’urgence même, d’une aide aux Chrétiens d’orient. Ils sont persécutés. A ce titre, ils méritent notre aide. Mais ne les instrumentalisons pas. Ils sont devenus un enjeu politique en France, particulièrement pour l’extrême droite pressée d’en découdre et de rejouer, à travers les drames des chrétiens d’Orient, un nouvel épisode d’une illusoire guerre des civilisations.
Les chrétiens d’orient ne sont pas nés des croisades, encore moins du colonialisme.
Il ne s’agit pas d’Européens installés en Orient.
Ce sont des arabes chrétiens d’Orient qui vivent dans cette région depuis les origines du christianisme, qu’ils soient arméniens, chaldéens, coptes, maronites…
La foi chrétienne est née en Orient.
Pierre et Paul étaient des Orientaux.
L’identité des arabes chrétiens d’Orient est profondément enracinée dans ces régions. C’est la raison pour laquelle, il faut tout faire pour qu’ils demeurent en Orient. C’est l’intérêt même des pays du Proche et du Moyen-Orient.
Notre République est laïque. Notre collectivité n’a pas à défendre une religion contre une autre et encore moins à importer des conflits religieux pour exacerber les tensions de notre société. Elle a à défendre des hommes et des femmes victimes des pires exactions dans ces régions du monde.
C’est pourquoi, nous souhaitons, légitimement, que ce plan régional s’adresse à toutes les populations victimes de violence au Proche et au Moyen-Orient, quelles que soient les considérations ethniques ou religieuses. Les populations yézidies, turkmènes, shabaks, les kurdes, les minorités chiites en pays sunnites et sunnites en pays chiites, les habitants de la Ghouta orientale, les populations civiles musulmanes qui sont les premières victimes du terrorisme… Ils méritent tous notre même force de soutien.
C’est bien en aidant toutes les victimes, sans aucune distinction, que nous préparerons la réconciliation de demain et que nous défendrons, par là-même, les valeurs de notre République laïque.
C’est pourquoi nous vous proposons d’élargir l’aide régionale, en la destinant à toutes les victimes de violence au Proche et au Moyen-Orient.