C’est aussi de nombreuses difficultés. Des difficultés liées à la sécurité, qui ont poussé le conseiller régional, Stéphane Gemmani (centriste de Cap 21, siégeant dans l’opposition de gauche), à prendre la parole pour tous ceux qui sont tenus par le devoir de réserve. Peut-être avec l’espoir de faire bouger les choses avant le conseil d’administration du lycée qui aura lieu très prochainement.
Car pour l’instant, plusieurs semaines après la rentrée scolaire, c’est le grand statu quo. « J’ai envoyé de nombreux courriers à l’exécutif régional, j’en ai parlé en commission, mais je n’ai toujours pas eu de réponses. Et je crois savoir que la direction du lycée est dans la même situation, on n’a pas d’interlocuteurs à la Région », dit l’élu en préambule.
« Sous l’ancienne mandature, 600 000 euros de travaux avaient été budgétés pour les travaux d’accessibilité. Depuis l’arrivée de Laurent Wauquiez, tout a été remis à plat et les travaux n’ont pas été effectués, ce qui est regrettable.
Deuxième problème : le lycée a un internat avec un réseau sanitaire présentant des risques de contamination à la légionellose. Et depuis deux ans, il faut installer des capsules dans les filtres de chacun des 19 pommeaux de douche. Les élèves ne risquent rien pour leur santé, mais ces capsules coûtent une fortune (19 euros) et doivent être changées toutes les six semaines. Au lieu d’engager des travaux, la Région préfère gaspiller son argent dans l’achat de ces solutions temporaires. »
Troisième et dernier problème, et il n’est pas des moindres : devant l’établissement, à la sortie du portail, se trouve un immense parvis sur lequel les véhicules peuvent rouler, à moins de 1,5 mètre de la grille d’entrée. Sans compter que les élèves ont l’habitude de se regrouper sur ce parvis après les cours. Stéphane Gemmani dit : « La direction du lycée a écrit à la mairie de Grenoble afin que soient installés des obstacles à clés pour bloquer le passage et que des rondes de la police municipale aient lieu aux horaires de sorties et d’entrées. Là aussi, pas de réponse. Or, la situation presse. Il en va de la sécurité des étudiants. » En pleine période de sécurisation des établissements, en raison des menaces de Daesh et en pleine période d’exercices “attentat-intrusion”, c’est sûr que cela pose question.
« Il ne s’agit pas de créer la psychose, explique Stéphane Gemmani, mais la situation demande une réaction rapide de la Ville et de la Région, d’autant plus que le quartier est ce qu’il est, et que les rodéos sont monnaie courante. À plusieurs reprises, on a déjà frôlé l’accident ».
L’élu grenoblois poursuit : « Quand on voit l’argent qui a été dépensé par Laurent Wauquiez pour “sécuriser” le lycée de Moirans, alors que celui-ci est quand même beaucoup plus calme, on s’interroge. À moins que ce soit pour faire effet devant les caméras de télévision… Mais maintenant, est-ce qu’on attend qu’il y ait un drame ? Qu’un groupe d’élèves se fasse faucher ? Depuis Nice, on sait maintenant que c’est possible. »
| Par Ève MOULINIER |