Cette configuration du conseil municipal de ce soir a permis l'expression du collectif collecteur de la pétition, du CCS, et nous montre que la démocratie participative fonctionne à Grenoble.
Fonctionner ne veut pas dire avoir atteint la perfection. Nous avons donc encore à nous améliorer dans cet exercice qui n’est pas évident dans notre société, car la démocratie locale n'est pas inscrite dans les gènes de la culture urbaine Française.
Nous pouvons le regretter, mais il est de notre rôle d’élu(e) d’œuvrer pour mettre en place des outils satisfaisants.
Nous savons que ce travail passé, présent et à venir dans et pour notre ville, a été bien mené par l'adjointe en charge de cette thématique, Laure Masson, et nous voulons lui témoigner ici encore une fois notre soutien.
Cet exercice complexe est rarement spontané pour les élu(e)s que nous sommes, mais il ne l’est guère plus pour les citoyennes et les citoyens, qui par cette volonté d’expression peuvent aussi confondre le désir d’expression et les contraintes de l’exercice.
La démocratie participative est un levier à part entière de l’action publique locale. Il est donc désormais incontournable d’associer les citoyens aux décisions.
Elle ne se limite donc pas au simple dépôt d'un bulletin dans l'urne tous les 6 ans. La participation des citoyens à la prise de décision politique est souvent un concept mal défini, fréquemment revendiqué et mis en œuvre.
Elle permet d'enrichir et d'alimenter l’action publique, mais le risque est parfois l'instrumentalisation de la parole citoyenne lors d’échéances électorales.
La responsabilité devient alors multiple, car malgré la multiplication des dispositifs participatifs, l’abstention aux élections locales n’a jamais été aussi forte.
Ce projet de renouvellement urbain du site de l'Esplanade a vu le jour dès janvier 2005 avec le vote unanime de la majorité sur une délibération actant la mise à l'étude du projet.
Le secteur de l'Esplanade se devait d'évoluer. Un projet ambitieux pouvait voir le jour qui ferait de ce faubourg fragilisé un éco-quartier exemplaire.
Sur le fond, les avis s'accordent globalement pour dire que ce quartier doit muter. Sur la forme, des divergences demeurent. Des habitants ont le sentiment que les orientations sont fixées sans que leurs avis ne soient pris en compte.
Nous rappelons qu'une procédure de concertation a été suivie tout au long de l'élaboration du projet et que des dialogues ont encore lieu afin de répondre de la meilleure façon possible aux attentes des riverains et usagers.
A l'issue de ces échanges, des évolutions allant dans le sens des remarques formulées lors du processus ont été actées. La volonté des habitants et usagers d'en débattre est bien présente et a évolué tout au long du mandat.
Nous pouvons nous réjouir de l'implication des grenoblois sur le devenir de leur ville. A l'avenir, notre collectivité doit aller vers plus de co-élaboration très en amont des projets, une réelle participation des habitants à la construction reste à inventer et à expérimenter.
Pourquoi pas à travers une nouvelle version des GAM (Groupes d'action municipale) de l'époque d'Hubert Dubedout en Groupe d'action Métro désormais à l'échelle intercommunale, véritable enjeu du développement de notre territoire.
Ce projet, étape fondamentale du mieux vivre ensemble et de la prise en compte de l'autre, est d'autant plus ambitieux qu'il participerait à une réappropriation de la Ville par ses habitants, véritables citoyens acteurs, non plus en se bornant aux seules limites de notre ville mais cette fois avec une vision des contraintes et des avantages de l'intercommunalité.
Notre mode de gouvernance doit certainement encore évoluer pour redonner encore un peu plus au citoyen la maîtrise de son destin. Plusieurs changements institutionnels sont urgents.
Tout d'abord, reconnaître le droit de pétitionner, développer les conférences de consensus, et demander des référendums comme en Suisse par exemple. La banalisation de l'usage du référendum permettra de passer outre la difficulté habituelle liée à ce type de vote consistant à voir les citoyens répondre non pas à la question posée mais à celui qui la pose.
Autrement dit, les référendums à répétition permettraient aux citoyens, comme le font les Suisses depuis des siècles, mais aussi les Suédois ou les Italiens de se prononcer sur les grands sujets.
Pour ce qui nous concerne aujourd’hui, des inquiétudes ont été formulées sur l'aménagement d'équipements publics. La Ville y a répondu en annonçant au minimum un équipement scolaire, un équipement sportif qui pourrait s'appuyer sur l'actuel boulodrome, un équipement culturel place Aristide Briand, un espace intergénérationnel, etc...
Nos craintes demeurent quand au phasage du pont et des passerelles. La construction de ce pont est de la compétence du Conseil Général.
La Ville et la Métro ont anticipé en procédant à des études nécessaires à sa réalisation. Il devrait entrer en service en 2018. C'est un élément indissociable du projet qui permettra la réalisation du parc en bord d'Isère en lieu et place de la terminaison de l'A48.
Nous devons être vigilants quant à la réalisation de cet ouvrage.
Sur le devenir de la foire des rameaux hébergée sur l'Esplanade depuis 1934, la question est posée au niveau du périmètre de l'agglomération, et c'est là aussi avec les communes du bassin de vie que nous pourrons trouver une réponse aux besoins des forains et des habitants.
Le quartier ne peut rester figé sous prétexte d'un usage auquel beaucoup sont attachés mais qui reste marginal dans la temporalité.
Enfin, et même si le projet reste en suspend pour différentes raisons, nous sommes favorables à la construction d'une tour quand celle-ci est pertinente, audacieuse et bien faite, tel un phare, un nouveau symbole dans la ville, elle peut également créer des liens entre Grenoble et le restant de l’agglomération.
Sans être sur la même échelle, Londres et Barcelone ont su intégrer des immeubles à grande hauteur et cette touche d'anticonformisme leur a permis de ne pas devenir des villes austères.
En France, comme dans le reste de l’Europe occidentale d’ailleurs, l’idée de tours renvoie souvent une image de banlieue grise et froide. Que personne n’en veuille de nouvelles, c’est bien compréhensible, mais le monde a changé, et les tours aussi.
Évidemment, il nous faut être vigilants et ne pas reproduire les erreurs du passé en construisant de nouvelles cages à lapin, mais des tours adaptées à notre siècle et à son environnement.
Une tour moderne, de Haute Qualité Environnementale, capable de produire sa propre énergie, d'avoir une réflexion poussée sur la gestion de l'eau et des déchets. Mixant logements de standing, logements sociaux, bureaux, commerces, et espaces de vie. Il faudra également que les commissions d'attribution des logements soient scrupuleuses des critères retenus.
C’est de ce type de tour dont nous avons besoin. Bien localisée, choisie et étudiée avec soin, pour que Grenoble évolue sans se transformer radicalement.
Comme les candidats au bac, nous pouvons plancher sur un sujet philosophique mais il faut savoir trancher et avancer.
Seule une nouvelle méthodologie de fonctionnement, faite de respect réciproque et de coopération, sans dogmatisme, sans clanisme, entre politiques et société civile nous permettra d'espérer construire pacifiquement et intelligemment notre ville de demain.