Kelley Walker |everybody wants to rule the world|

Billet

Le Magasin présente la première exposition monographique importante de l'artiste américain Kelley Walker, avec un ensemble très important de nouvelles pièces créées pour l'occasion.

Kelley Walker est remarqué depuis le début de cette décennie aux côtés de Wade Guyton, Seth Price, Josh Smith, avec lesquels il collabore régulièrement, notamment au sein du «Continuous Project», collectif qui travaille avec des images, des textes et des documents d'archives.

Le travail de Kelley Walker oppose une résistance active et critique aux formes posées par la diffusion de l’art aujourd’hui. L’artiste s’approprie différentes images dont le caractère iconique est accentué pour en bouleverser la banalité et en retrouver l’efficacité. Il est souvent associé à une ultime variation du mouvement de l'appropriation, où se sont distingués Cady Noland et Richard Prince. Ce qu'il rejette, car pour lui : "Il ne s'agit pas de dénoncer ou de constater la perte de l'origine ou de l'expérience réelle, mais de trouver des manières d'agir pertinentes – en tant qu'artiste - avec des images infiniment recyclées qui constituent le seul horizon de notre réalité". walker01.jpg

Dans "Nine Disasters", il compile des images de catastrophes sur un CD Rom vendu 10 dollars et dont le protocole d'activation est le suivant : "le CD et les images qu'il contient peut être reproduit et diffusé aussi souvent que son propriétaire le souhaite. Quiconque reçoit une copie du disque ou d'une image peut également la reproduire et la diffuser...". Cet abandon de droits d'auteur est un geste fort, qui de l'agriculture à l'industrie, concerne toute la société.

Kelley Walker recycle des images, des gestes d'artistes, de Warhol à Gonzales Torres, ou des formes, comme dans sa série de miroirs qui reprend les formes du test de Rorshach.

Parallèlement à cette exposition, le Magasin présente la pièce de Tino Sehgal «This Success» or «This failure», ainsi que la publication et le projet de la session 16 de l'Ecole du Magasin «Everybody wants to rule the world», consacrés à Harald Szeemann et qui seront produits les 17 et 18 septembre pendant les journées professionnelles de la Biennale dans les locaux de l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne.

Dans le déroulement, les huit participants et les organisateurs, ouvrent une partie pour les curateurs invités de la Biennale de Lyon, les joueurs. Ils sont conviés à répondre à la question suivante qui leur a été préalablement adressée par email :

« Durant notre année d’étude, nous avons étudié la méthodologie de Harald Szeemann fondée sur les outils qu’il a lui-même créés pour pouvoir exercer son activité de façon autonome.

Quelles sont les spécificités qui rendent votre pratique curatoriale[1] unique ? » walker02.jpg

La méthode de cette biennale et sa forme ludique incitent les organisateurs à tenter de saisir la multiplicité des pratiques curatoriales.

Les réponses des joueurs invités, qui ne doivent pas excéder 10 minutes, sont filmées. Il n’y a pas d’autre question. Des jokers sont autorisés. Les organisateurs se réservent le droit de poser la question à des personnes qui ne sont pas des joueurs de la Biennale de Lyon.

La partie terminée, les réponses seront additionnées pour former un film-échantillonnage d’opinions sur les pratiques curatoriales à un moment donné, sous la forme d’un DVD.

Les résultats non homogènes, non exhaustifs, non scientifiques sont valides.

Au Magasin, jusqu’au 6 janvier 2008

Notes

[1] Les transformations profondes du monde de l’art (alternatives au projet institutionnel, abondance des initiatives publiques et privées, nouveaux métiers culturels, espaces immatériels, multiplicité des acteurs, mobilité...) ont complexifié les questionnements de la formation professionnelle au point de rendre indispensable l’information régulière sur les objectifs, les dispositifs et les méthodologies mises en place. Au-delà de l’échange d’information, il s’agit de saisir comment le champ est interprété dans des territoires localisés et globalisés pour maintenir l’offre d’une formation pertinente pour l’art et productive pour ses futurs acteurs.

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