Ce parlementaire aurait normalement levé un tohu-bohu tant sur les bancs de la droite alors au pouvoir que sur ceux de l’opposition.
Toute la presse aurait tout aussitôt accusé ce député de s’abandonner aux ensorceleuses sirènes du Front national. Des études d'impression nous auraient appris qu’un tel concept choquait une ample majorité de Français.
Et le gouvernement se fut empressé de refuser pareil avenant.
Une décennie s’est donc écoulée.
Cet élu, ce député en question, Thierry Mariani, député du Vaucluse, qui par ailleurs s’était attardé laconiquement, sur la problématique du vote blanc, a introduit cet additif au projet de loi sur l’immigration.
Et le gouvernement a repris cet avenant à son compte.
Certes, la gauche a protesté… mollement pourtant ; quelques élus de la majorité ont fait savoir qu’ils étaient mal à l’aise, et se sont contentés de faire en sorte de n’être pas présents dans l’hémicycle au moment du vote, par 91 voix contre 45 ; la secrétaire d’Etat à la ville, Fadela Amara n’a point démissionné ; Bernard Kouchner a expliqué que ça ne lui plaisait pas mais pour ajouter aussitôt que ça ne l’indignait pas ; quelques journalistes ont critiqué cet amendement mais ils l’on fait fort soigneusement et fort aimablement.
Ce qui aurait scandalisé hier est admis sans trop de peine aujourd’hui.
Voilà à quoi servirait l"ouverture" ?
A cautionner tout simplement ? Venant du chef de l'état, cela serait étrange... [1]
La droitisation des esprits que j’évoquais dans de précédents billets, a fait son œuvre.
Certains s’en égayeront, d’autres s’en désoleront.
Aujourd’hui, la gauche et certains Gaullistes historiques qui, bien souvent, s’en sont pris au Sénat et l’aurait vu disparaître sans regret, devrait aujourd’hui rendre hommage à la sagesse et la prudence de ses hôtes.
La commission des Lois du Sénat a en effet supprimé l'article du projet de loi Hortefeux sur la maîtrise de l'immigration, instaurant un recours éventuel à des tests ADN pour le regroupement familial, mesure qu’avait critiqué le parti socialiste et que n’avaient pas voulu voter plusieurs députés de la majorité.
« Chacun a droit au respect de son corps, le corps humain est inviolable »
ART 16.1 du code civil.
Notes
[1] j'ironise...
Commentaires
Hélas, si j'ai bien tout compris (mes cours d'éducation civique du collège datent un peu...) ce sont les Députés qui auront le dernier mot, non ?
Il me semble avoir entendu parlé de changer le caractère obligatoire en test ADN volontaire...
On imagine bien le nombre de candidats au rapprochement familial qui passeraient ce test "à l'insu de leur plein gré" dans ces conditions...