J’ai évoqué régulièrement dans ces billets, mes désaccords avec la droitisation excessive de l’UMP et en ai tiré les conséquences dans mes actions, et en soutenant ce que François Bayrou catalysait dans sa volonté de dépasser les clivages politiques.
Je soutiens, plus que jamais, la création d’un nouveau mouvement démocrate qui concrétisera, je l’espère, la formation d’un mouvement politique à même de rassembler les Français.
Je ne renie rien de ce que je pense important pour notre pays.
Au 1er tours, j’ai fait le choix de la personne la plus proche aujourd’hui des idées Gaullistes et sociales que je défends.
Mais à l’orées du second tour, se tapie dans l’ombre de l’isoloir, cette sensation malsaine, qui confronte l’hypothétique à ses convictions : l’incertitude
L'incertitude, qui est le pire de tous les maux jusqu'au moment où la réalité vient nous faire regretter l'incertitude.
Cette même aversion au risque, si présente dans ce premier tour ou la crainte qu’il y ait plus à perdre qu'à gagner, a entraîné ce statu quo bipolaire.
Quant aux deux passions de l'incertitude, ne seraient-elles pas la peur et l'espérance ? Cette même incertitude qui est l'essence même de l'aventure amoureuse !
Ah ! Ces incertains… Ah ! Ces convaincus…
Les premiers écoutent les seconds et contestent leur conviction.
Est-il seulement possible d'être si sûr de son choix dans une telle campagne ?
Les convaincus se récrient, puis se confient. Se convaincre ne fut pas si aisé.
Il fallut écarter les doutes nombreux, à la force de la détermination. Le débat s'oriente sur la pertinence de la certitude.
Les hésitants portent haut leur indécision.
Les convaincus essayent à peine de les convaincre. Ou bien timidement.
Tentés plusieurs fois, les hésitants racontent leur cheminement. Ils approuvent un candidat et le désapprouvent ensuite.
Puis y reviennent ; et s'en détachent. Ils délibèrent, enfin. Dans le fors de leur conscience, avec la crainte de choisir trop vite, ils se font une vertu de converser avec eux-même ; et avec autrui. Car c'est une conversation. Et non pas le heurt de convictions brutales.
La conversation se nourrit d'amitié ; à tout le moins, d'une absence d'inimitié.
S'il est une vertu - mais elle est grande - de cette campagne, c'est d'avoir jeté en France quelques graines d'apaisement.
Le désaccord ne vire pas à la guerre de religion, en dehors des clivages purement militant, et c'est fort bien ainsi.
Ce sera, je crois, la satisfaction que je retirerai de ces mois de campagne écoulés.
Une discrète éclosion de quiétude dans le tourbillon des rages nationales.
A ce moment précis, je continue de converser avec moi-même, en attendant que tombe, le rideau de l'isoloir.