A la suite d'une polémique naissante sur ces tentes dans les rues de la capitale, la ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, Catherine Vautrin, a nommé, vendredi 21 juillet, une médiatrice pour tenter de "trouver une solution au problème posé par les tentes de SDF".
C'est à la présidente de l'Observatoire national de la pauvreté, Agnès de Fleurieu, que revient cette délicate mission. Cette dernière sera chargée de "faire le recensement complet des places disponibles, de rencontrer l'ensemble des partenaires associatifs, les administrations publiques et la Mairie de Paris pour recueillir leurs propositions, et d'établir une médiation avec Médecins du monde sur le devenir des tentes", précise un communiqué de M me Vautrin. La médiatrice devra présenter ses conclusions à la ministre "dans les deux semaines", selon le texte.
Mme Vautrin a par ailleurs annoncé des "capacités d'hébergement d'urgence supplémentaires" dès la semaine prochaine, avec 130 places supplémentaires en accueil de nuit à Paris et dans la région Ile-de-France, et quatre lieux de plus en accueil de jour.
Bertrand Delanoë a lancé jeudi une démarche qu'il veut à la fois "humaine et ferme" pour déplacer les SDF vivant sous des tentes dans les rues de la capitale, en invoquant les risques sanitaires liés à la canicule et les plaintes de riverains. Des bénévoles ont critiqué une opération destinée, selon eux, à faire place nette pour l'inauguration le même jour, par le maire PS de Paris, de la 5 e édition de Paris-Plages, qui vise à donner des airs de station balnéaire aux quais de la Seine.
Selon l'AFP, près de 300 tentes-igloos ont été répertoriées dans la capitale, en particulier sur les berges de la Seine. En mai dernier, Médecins du monde s'inquiétait de la volonté de "certains" de débarrasser le trottoir parisien "de ces tentes qui rendent la misère visible". "Comment demander à ceux qui sont sous une tente de la quitter ? Quelle serait leur alternative : de nouveau dormir, sans abri, par terre sur le trottoir, pour se faire oublier ?", demandait l'association dans un communiqué.
La majorité municipale Grenobloise était en avance en la matière, en décrétant le 20 juin 2002, un amendement anti-mendicité édulcoré visant à délocaliser le public sans domicile en dehors du périmètre du centre ville, sur lequel je m’étais exprimé dans la presse, immédiatement…
Par la suite, d’autres opérations ont été menées de concert avec d’autres institutions pour régler par l’absolu le problème de la misère et non par la concertation, tant argué et si peu employé…
Restons vigilant car, si pour le moment, nous n’avons guère de divergence en la matière, le passé fait jurisprudence…