Le ministre de l'Intérieur avait annoncé la fermeture des bâtiments insalubres après deux incendies qui avaient fait 24 morts, dont 18 enfants.
La condamnation de cette opération par plusieurs associations est irresponsable car elle en va de la vie de ces résidents.
Mais il est nécessaire d’aborder la question et les conditions inacceptables dans lesquels vivent ces personnes par le commencement : l’immigration clandestine.
La France est avant tout une terre d’accueil. Deux-cent-dix sept milles titres de séjour sont distribués chaque année, soit une hausse de 20 % par rapport à il y a 6 ans. Une augmentation que l’ont doit principalement à des raisons matrimoniales. Les titres de séjour délivrés dans ce cadre sont passés de 18 000 à 53 000 en 5 ans. Par ailleurs, la France est le troisième pays, après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, à ouvrir ses frontières aux étudiants. Entre 1995 et 2003, ils sont passés de 42 000 à 55 000. Le troisième responsable de cette situation serait la souplesse de la France quant au droit d’asile. Elle en reçoit chaque année 50 000 demandes.
Certes les déploiements médiatiques des forces de police n’étaient peut être pas essentiel. A noter que, depuis un peu plus d’un an, les sommes consacrées à l’expulsion des personnes en situation irrégulière sont passées de 35 millions à 100 millions d’euros. De plus, pour la période 2005/2006, les effectifs de la police des frontières seront renforcés de 600 000 hommes.
Mais à trop vouloir faire d’humanitaire de salon pour « bobo » sirupeux, nous ne réglons pas en profondeur, les difficultés de ces personnes, qui pensent trouver un jardin d’Eden en arrivant en France, et se retrouvent dans des situations déplorables en se confrontant à un choc culturel, à des conditions d’hébergements insalubres, à une morosité économique, au manque d’emploi, à la barrière de la langue, des cultures, tout un tas d’aspect que notre pays n’arrive pas à gérer, accueillant d’une façon affligeante, des êtres qui ne demandent que le bonheur en fuyant souvent une misère ou des conditions politiques dans leur pays d’origines plus que pitoyables.
Je les connais,... et nous les rencontrons quotidiennement dans l’action que nous menons chaque jour en direction des plus démunis d’entre nous. Nous vivons cette détresse commune. Eux déracinés sans attaches ni buts, et nous face à notre incapacité à régler les problèmes, aux abords des abîmes de notre société, sans outils, sans interlocuteurs, seul avec notre conscience et nos remords. Des femmes, des hommes, des enfants, de tout horizon, de tout âge.
Et ce n’est pas perpétrer le jeu du FN ou de faire des tentatives de récupération électorale, que d’aborder ce sujet crûment ; entant que petits-fils d’immigré italien, j’ai connu cette xénophobie, j’ai vécu cette ségrégation à 2 balles envers l’étranger.
Il est humainement indécent d’accueillir une population, quelle que soit sont origine, quand les conditions d’un pays ne sont pas réunies.
Il est nécessaire de développer des partenariats avec les contrées d’où viennent ces expatriés de façon à mieux comprendre cette immigration clandestine, travailler de concert avec les pays d’origine, à travers notamment les aides personnalisées au retour, participer à l’amélioration des conditions économique et de vie dans ces pays afin d’éviter que ces populations soient déracinées de leur terre natale.
Michel Rocard lui-même disait que la France ne pouvait accueillir toute la misère du monde.
Certes, mais nous ne pouvons être indifférents à celle-ci. Il nous faut donc la gérer intelligemment.
Il est impératif d’accélérer l’intégration des populations étrangères et de remédier sans pitié à l’exploitation humaine qui est faite par les filières clandestines, sans un retour aux régularisations massives comme cela a été le cas récemment en Espagne ou dans l’Hexagone en 1981 et en 1997 pour ne pas re-créer cet effet « d’appel d’air ».
Il est indispensable de créer un service public européen de contrôle de l’immigration afin que toutes les initiatives allant dans ce sens soient véritablement coordonnées.
Nous ne pouvons plus tolérer ces tragédies. Mais par l’inaction, nous ne feront que perpétrer des accidents similaires.
N’oublions jamais la citation de Térence « Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m'est étranger.»