Formation et enseignement supérieur
Une parole vive pour penser le présent, nommer les faits et imaginer demain.
En juin 2022, l’exécutif régional a choisi de regrouper l’économie, l’emploi, la formation et l’innovation dans un seul et même plan d’action.
Ce décloisonnement peut se comprendre sur le papier. Mais il ne doit pas conduire à effacer la formation et l’enseignement supérieur, comme c’est aujourd’hui le cas en Auvergne-Rhône-Alpes.
Précarité étudiante, retour vers l’emploi, reconversion professionnelle : sur tous ces sujets, nous appelons la Région à agir réellement.
Depuis 2015, la Région n’a cessé de diminuer le budget accordé à la formation professionnelle, pourtant compétence centrale de notre collectivité.
En 2024, un nouveau Plan d’Investissement Compétences sur trois ans devait être signé entre la Région et l’État. Mais l’exécutif a annoncé, au mois de mars, l’échec des négociations, au détriment direct des personnes éloignées de l’emploi.
Par ailleurs, la Région s’est désengagée à la rentrée 2024 du financement du Diplôme d’Accès aux Études Universitaires pour les demandeurs d’emploi.
Ce diplôme permet pourtant à des personnes n’ayant pas poursuivi d’études d’obtenir une équivalence du baccalauréat ou un accès à des études supérieures.
Jusqu’où l’affaiblissement de la formation professionnelle va-t-il aller ?
-125 M€ entre 2015 et 2024
C’est l’ampleur du recul budgétaire subi par la formation professionnelle sur la période.
Nous avons interpellé l’exécutif sur le devenir des Missions locales dans le cadre du projet France Travail, et demandé à la collectivité d’adresser un vœu au gouvernement pour conforter leur rôle dans l’accompagnement des jeunes et garantir leur autonomie. Ce vœu a été accepté par la majorité.
La précarité étudiante touche un nombre toujours plus important de jeunes. Selon un rapport de l’UNEF publié à l’été 2023, le coût de la vie étudiante a connu une nouvelle flambée : +6,47 % en 2023, soit environ 600 € de plus par rapport à l’année précédente.
À la rentrée 2024, cette hausse s’est encore poursuivie avec une augmentation de 2,25 %, soit 482 € supplémentaires.
Face à cette situation, la Région regarde ailleurs. Nous regrettons que l’amélioration concrète des conditions de vie des étudiants reste à ce point marginale dans les priorités de la majorité.
36 % des étudiants sautent régulièrement des repas par manque de moyens
85 % des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté
3/4 déclarent n’avoir, après charges, qu’environ 100 € pour vivre, soit 3,33 € par jour
L’instauration d’un revenu d’autonomie pour les étudiants, en coordination avec les politiques sociales des 12 départements de la région.
La création d’un fonds d’urgence pour aider au financement des loyers des étudiants les plus démunis.
La gratuité des transports collectifs pour les étudiants.
La construction et la rénovation énergétique des logements étudiants.
Le soutien à l’implantation de centres de santé sur les campus et de centres de santé mentale dans les villes universitaires.
Former et permettre d’étudier dignement ne devrait jamais être une variable d’ajustement.
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