Une petite musique insidieuse
Après Isabelle Surply, Laurent Wauquiez. Même mécanique, même dérive : entretenir l'idée que défendre une politique migratoire humaine et maîtrisée reviendrait à porter une responsabilité dans les attentats terroristes.
C'est indigne. Et politiquement dangereux.
Car c'est bien cette petite musique insidieuse qu'une certaine droite semble vouloir installer dans le débat public.
À force de sous-entendus, de rapprochements et d'amalgames, elle laisse planer le soupçon sur celles et ceux qui ne partagent pas sa vision de l'immigration. Comme si défendre le droit d'asile revenait à excuser le terrorisme.
Or, la sécurité et l'humanité ne sont pas incompatibles. Ce sont deux exigences de notre République.
Des indignations à géométrie variable
Cette nouvelle sortie éclaire aussi l'étrange indulgence de la majorité régionale envers Isabelle Surply, après ses propos scandaleux sur le Bataclan.
J'ai parfois vu cette assemblée s'enflammer pour l'évocation d'un certain provincialisme, et plus récemment pour quelques pastilles.
Je la découvre singulièrement mesurée lorsqu'il est question d'associer des élus de la République au terrorisme.
Il est des indignations sélectives et des silences qui en disent davantage que de longs discours.
Ne plus laisser les amalgames s'installer
Mais cette fois, les condamnations de circonstance ne suffiront plus.
Face à de tels propos et à leur répétition, il nous faudra envisager des réponses politiques et, lorsque les faits le justifient, juridiques, à la hauteur de leur gravité.
Car cette petite musique, à force d'être répétée, risque de devenir un refrain que plus personne ne prendra la peine de contester.
Et lorsqu'on transforme ses adversaires politiques en complices supposés du terrorisme, on ne débat plus : on empoisonne la démocratie.