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Ligne de Crête

La haine n’est pas une opinion, elle est un poison…

Une parole vive pour penser le présent, nommer les faits et imaginer demain.

De l'hémicycle régional aux événements tragiques de Trappes, une même interrogation traverse notre République : jusqu'où laisserons-nous prospérer les discours qui attisent la haine et dressent les Français les uns contre les autres ? Quand l'indignation change de nuance selon l'origine supposée des auteurs, quand la provocation devient une méthode politique, c'est notre fraternité qui vacille. Les mots ne sont jamais innocents. Et celles et ceux qui font de la peur un fonds de commerce ne peuvent s'affranchir de leur responsabilité. Car gouverner, ce n'est pas exploiter les fractures d'un pays. C'est avoir le courage de les réparer.
Trappes : réflexion sur la haine, les violences racistes et la responsabilité politique

La haine n'est pas une opinion

La haine n’est pas une opinion. Celles et ceux qui en font leur fonds de commerce politique portent une responsabilité immense.

Hier, au Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes, Isabelle Surply assimilait des élu(e)s de gauche aux terroristes du Bataclan.

Des propos abjects qui motivent notre plainte.

À Trappes, l'horreur frappe à nouveau

Aujourd’hui, l’horreur frappe à Trappes. Un mort, plusieurs blessés, dont une fillette grièvement atteinte.

Les plus hautes autorités de l’État dénoncent un attentat terroriste nourri par une idéologie raciste.

Des victimes visées pour leur couleur de peau et leur religion.

L'indignation aurait-elle son nuancier ?

Le suspect s’appelle Kévin. Et l’indignation semble soudain moins bruyante sur certaines antennes.

Aurait-on connu pareille retenue si son prénom avait porté les sonorités d’autres rivages ?

L’indignation aurait-elle, elle aussi, son nuancier ?

Quand les discours de haine dépassent les micros

Les marchands de peur devraient méditer ceci : leur populisme ne s’éteint pas avec les micros.

À force de désigner des ennemis, ils prônent une haine dont d’autres peuvent se saisir pour justifier l’injustifiable.

Faire de la confrontation une méthode politique

Il est une étrange ironie à dénoncer chez les autres le culte du chaos, tout en faisant soi-même de la confrontation une méthode et de la division un horizon politique.

À force de confondre radicalité et outrance, certains finissent par ressembler à ce qu’ils prétendent combattre.

Gouverner, c'est réparer les fractures

Gouverner, ce n’est pas prospérer sur les fractures d’un pays. C’est avoir le courage de les réparer avant qu’elles ne deviennent des lignes de sang…
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