Une colère qui me prend aux tripes
Je rentre des rues de Grenoble avec une colère viscérale. Une colère qui me prend aux tripes, devant ces violences, mais aussi devant ce qu'elles sont en train de faire à notre société.
En 2023, j'avais déjà vécu ces manifestations de l'intérieur. Mais jamais je n'avais vu autant de personnes cagoulées, autant de volonté d'en découdre.
Des commerces pillés, des vitrines fracassées, des individus déambulant avec leur butin, échangeant des marchandises comme s'ils revenaient tranquillement de faire leurs courses.
Et nous, spectateurs impuissants de cette folie !
Derrière ces vitrines, il y a des commerçants, des salariés, des familles, des vies entières de travail.
Mais dans quel monde vivons-nous ? Dans quel camp êtes-vous donc ?
Vous prétendez défendre la lumière, mais vous nourrissez l'obscurité
Je suis de gauche. Je défends le droit de manifester, la colère sociale, cette jeunesse qui rêve sincèrement d'un monde plus juste.
Et c'est précisément pour cela que je suis révolté de voir ses aspirations confisquées par celles et ceux qui ne cherchent qu'à détruire.
Vous vous croyez du côté de la lumière ? Mais vous nourrissez l'obscurité !
Vous êtes en train de jeter des femmes et des hommes excédés dans les bras de l'extrême droite.
Et demain, lorsqu'il faudra descendre dans la rue pour la combattre, ne faites pas semblant de découvrir les conséquences de ce chaos !
On ne joue pas avec le désespoir d'un peuple
Quant à cette gauche qui semble parfois vivre ces affrontements comme une fête foraine, à ces élus qui attisent plutôt qu'ils n'apaisent, qu'ils mesurent enfin leur responsabilité !
On ne joue pas avec le désespoir d'un peuple pour quelques dividendes politiques.
Nous sommes en France, en 2026
Pendant que j'écris ces lignes, après avoir accompagné une amie pour qu'elle rentre chez elle, les hélicoptères tournent encore au-dessus de mon domicile.
Nous sommes en France, en 2026.
Est-ce vraiment cet avenir que nous voulons laisser à nos enfants ?
Car ce soir, au-delà des vitrines brisées, c'est quelque chose de plus précieux encore que je vois s'effondrer :
La confiance, l'espérance et jusqu'à la dignité de nos luttes sociales.
Grenoble, 17 octobre 2026 : les images
Des images tournées dans les rues de Grenoble, au cœur de ces événements.