Le débat a au moins clarifié les lignes
Le débat d’hier soir aura eu une vertu : faire apparaître plus clairement les lignes qui traversent aujourd’hui la gauche.
Sur beaucoup de sujets sociaux, de justice et de services publics, les désaccords sont moins profonds qu’on veut parfois le faire croire.
Pouvoir d’achat, salaires, protection sociale, école, santé, services publics : il existe un socle sur lequel la gauche peut encore discuter et construire.
Mais une famille politique ne se définit pas seulement par ce qui rassemble. Elle se définit aussi par les limites qu’elle refuse de franchir.
Une alliance politique suppose davantage qu’une addition de votes.
Une communauté de principes
C’est là que les positions de Jérôme Guedj et de Raphaël Glucksmann me paraissent les plus cohérentes.
Non parce qu’il faudrait faire de LFI un ennemi absolu, ni nier les convergences qui existent avec elle.
Mais parce qu’une alliance politique suppose davantage qu’une addition de votes. Elle suppose une communauté de principes, une certaine idée de la République, de l’Europe et du monde.
Et sur ce terrain, les divergences sont devenues trop profondes : sur l’Ukraine et notre rapport à la Russie, sur les ambiguïtés face à l’antisémitisme, sur le communautarisme, l’universalisme, la laïcité, et sur cette façon parfois de croire que la radicalité du verbe dispense de la clarté des principes.
Quand les 20 % pèsent davantage que les 80 %
Je l’ai souvent dit : avec LFI, sur bien des questions sociales, de justice et de services publics, nous pouvons nous retrouver.
Mais ce sont précisément les sujets qui restent qui rendent aujourd’hui une alliance impossible.
Parce qu’en politique, les 20 % qui touchent aux principes peuvent peser davantage que les 80 % sur lesquels on vote ensemble.
Une gauche ferme sur ses principes sans cesser d’être la gauche
J’ai trouvé Jérôme Guedj convaincant hier soir : ferme sans être caricatural, clair sur ses limites, sans renoncer à appartenir pleinement à la gauche.
Et je ne vois aucune contradiction fondamentale entre cette ligne et celle que Raphaël Glucksmann porte depuis plusieurs années.
Peut-être est-ce là qu’une voie se dessine : une gauche sociale, républicaine, européenne, écologique et universaliste, capable de parler aux classes populaires sans renoncer à ses principes.
Rassembler ne signifie pas s’effacer
Une gauche qui ne confonde plus rassemblement et effacement.
Car vouloir rassembler ne signifie pas considérer que toutes les divergences seraient secondaires. Certaines touchent précisément à ce que nous voulons être, à ce que nous voulons défendre et à la manière dont nous voulons exercer le pouvoir.
L’unité n’a de sens que lorsqu’on sait autour de quoi l’on veut s’unir.
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