Des Jeux sans pilote clair
Il y aurait presque de quoi sourire si la situation n’était pas aussi grave. À quelques années des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, nous ne savons toujours pas clairement qui les pilotera, ni avec quelle stabilité, ni avec quelle méthode.
Et pourtant, le vrai sujet est peut-être encore plus profond.
Nous ne pouvons plus organiser des Jeux d’hiver comme nous les organisions hier.
La montagne, elle, a déjà changé
La montagne change à une vitesse spectaculaire. Le glacier Blanc, dans les Écrins, a déjà perdu quatre mètres de glace à 2 800 mètres d’altitude depuis octobre dernier. Lors des journées les plus chaudes, jusqu’à 10 centimètres de glace peuvent fondre en vingt-quatre heures. Certains glaciers entrent désormais dans une phase de disparition.
Quelques semaines plus tôt, nous évoquions déjà ces milliers d’années de glace qui disparaissaient dans les Alpes.
Ce n’est plus un signal faible. C’est une transformation profonde du territoire qui doit accueillir ces Jeux.
Deux chemins se dessinent
Alors deux chemins se dessinent.
Soit nous essayons de reproduire les Jeux d’hier dans la montagne de demain. Et cela risque de vouloir dire davantage d’équipements, davantage de dépenses, davantage de neige de culture, davantage d’énergie, davantage d’eau, pour maintenir artificiellement un modèle qui ne correspond plus au réel.
Soit nous changeons complètement de logiciel.
Des Jeux plus sobres, plus compacts, plus ancrés dans l’existant, pensés avec la montagne et non contre elle.
Mais pour changer de modèle, encore faut-il savoir qui pilote
Mais pour réussir un tel changement, il faut une vision, une équipe, une gouvernance solide et une capacité à anticiper.
Et c’est précisément là que l’inquiétude devient majeure.
Nous ne savons déjà pas stabiliser la tête de l’organisation. Les tensions, les départs et les désaccords se succèdent. Or, lorsqu’on ne sait pas encore clairement qui pilote, il devient difficile de croire que nous sommes prêts à réinventer entièrement la manière d’organiser des Jeux d’hiver.
Le risque n’est pas seulement de mal organiser les Jeux.
Le risque, c’est de préparer des Jeux de 2030 avec un logiciel de 1992.
Sauver les Jeux, c’est changer de cap
Et là, oui, nous irions droit dans le mur.
Sauver les Jeux de 2030 suppose donc de faire bien plus que changer un nom à la tête du COJOP.
Il faut changer le modèle, la méthode et le cap.
Parce que la montagne, elle, a déjà changé.
La montagne de 2030 ne sera pas celle de 1992.
Nos Jeux non plus ne peuvent plus l’être.
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