Le courage plutôt que les slogans
Protéger les enfants exige plus que des slogans. Il exige du courage.
Aujourd'hui, l'Assemblée nationale est revenue sur l'un des votes qui avait suscité le plus d'émotion de ces derniers jours.
L'article permettant de prononcer la réclusion criminelle à perpétuité contre certains auteurs de viols en série sur des enfants de moins de quinze ans a finalement été adopté après une seconde délibération.
Derrière la polémique, les faits
Vendredi, le rejet de cet article avait déclenché une vague d'indignation.
Il faut dire qu'il n'avait été repoussé que de justesse : 37 voix pour, 41 contre et 3 abstentions, avec seulement 81 députés présents dans l'hémicycle.
Ce contexte a aussitôt laissé place aux raccourcis et aux procès d'intention.
La réalité est plus nuancée.
Les opposants au texte invoquaient principalement des arguments de cohérence juridique et de proportionnalité des peines.
Ces arguments existent et méritent d'être entendus.
Mais, pour ma part, je ne les trouve pas suffisamment convaincants face à la gravité exceptionnelle de ces crimes.
Une justice à la hauteur des crimes
Je le dis avec gravité : la République doit aussi savoir envoyer des signaux.
Lorsqu'un homme ou une femme détruit l'enfance de plusieurs victimes, lorsqu'il récidive, lorsqu'il révèle une dangerosité extrême, la société doit pouvoir répondre par la sanction la plus élevée que prévoit notre droit.
Je ne vois aucune contradiction entre une justice exigeante et une justice implacable lorsque les faits le justifient.
La réclusion criminelle à perpétuité ne doit pas devenir une réponse automatique.
En revanche, elle doit rester pleinement à la disposition des cours d'assises pour les crimes pédocriminels les plus graves et les plus répétés.
Notre droit doit protéger les victimes avant tout.
Fermeté et rigueur vont de pair
Je refuse tout autant les lois d'affichage que les caricatures politiques.
Une disposition aussi importante doit être juridiquement solide, faute de quoi elle risque d'être fragilisée ou censurée.
La fermeté n'exclut pas la rigueur ; elle l'exige.
Une responsabilité républicaine
Au fond, ce débat ne devrait pas opposer des camps politiques.
Il devrait nous rappeler une évidence : la première liberté d'un enfant est de grandir sans avoir à subir l'horreur.
Lorsque cette liberté est détruite, la première responsabilité de la République est de protéger les victimes, d'empêcher toute récidive et d'affirmer, sans ambiguïté, que certains crimes appellent les sanctions les plus lourdes que notre justice puisse prononcer.
C'est cette ligne de crête que je défends : une justice ferme, une justice solide et une République qui, face aux prédateurs d'enfants, ne doute jamais du côté où elle doit se tenir.
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