Ligne de Crête

Le CCN de Grenoble mérite mieux que le silence

Une parole vive pour penser le présent, nommer les faits et imaginer demain.

Quand une institution culturelle comme le Centre chorégraphique national de Grenoble est fragilisée, ce n'est pas seulement une structure qui vacille. Ce sont des artistes, des emplois, des projets et une part de notre vie collective qui sont menacés. J'ai donc saisi le Président de la Région pour demander des réponses sur l'avenir du CCN et les moyens qui lui seront accordés.
Soutien au Centre chorégraphique national de Grenoble
Derrière les chiffres et les arbitrages budgétaires, il y a des artistes, des emplois, des projets et une certaine idée de la culture.

La culture n'est pas une ligne comptable

La culture ne se résume pas à une ligne comptable.

Derrière chaque décision budgétaire, il y a des femmes et des hommes qui créent, transmettent, forment, expérimentent et font vivre nos territoires.

La culture n'est jamais une dépense abstraite. Elle est une présence humaine, un lien social et une promesse d'émancipation.

Un acteur majeur de la vie culturelle régionale

Le Centre chorégraphique national de Grenoble fait partie de ces institutions qui contribuent depuis des décennies au rayonnement culturel de notre région.

Son travail auprès des publics, des artistes, des écoles et des acteurs locaux en fait un pilier de la vie culturelle en Auvergne-Rhône-Alpes.

Au-delà des spectacles qu'il produit ou accueille, le CCN participe à la diffusion de la création contemporaine, à la rencontre entre les artistes et les habitants, ainsi qu'à l'éducation artistique de nombreux jeunes.

Une situation préoccupante

C'est pourquoi j'ai décidé d'interpeller le Président de la Région après avoir appris que la demande de subvention du CCN n'avait pas été soumise au vote de la Commission permanente.

Cette décision intervient alors même que la structure doit déjà faire face à une baisse importante de son financement par l'État.

Les conséquences sont malheureusement déjà visibles avec l'annulation du festival IMPACT, qui devait connaître cette année sa quatrième édition.

Derrière cette annulation, ce ne sont pas seulement quelques dates qui disparaissent d'un calendrier culturel.

Ce sont des emplois, des projets artistiques, des collaborations, des partenariats éducatifs et des rencontres avec le public qui se retrouvent fragilisés.

La nécessité de la transparence

On peut débattre des priorités budgétaires.

C'est parfaitement légitime.

Mais ces choix doivent être assumés, expliqués et discutés en toute transparence.

La culture n'est pas une dépense accessoire.

Elle participe à l'attractivité de nos territoires, à l'éducation, à l'ouverture sur le monde, à l'innovation artistique et au lien social.

Dans une période où les fractures sociales, territoriales et démocratiques se multiplient, les lieux de création et de transmission culturelle jouent un rôle plus important que jamais.

Une responsabilité collective

J'ai donc demandé à la Région quelles suites elle entend donner à cette situation et quelles mesures elle envisage pour accompagner le Centre chorégraphique national de Grenoble.

Parce qu'au-delà des clivages politiques, préserver les outils de création et de transmission culturelle est une responsabilité collective.

Une région peut toujours reconstruire un bâtiment, financer une route ou aménager un équipement. Elle reconstruit beaucoup plus difficilement ce qu'elle laisse disparaître lorsqu'elle fragilise durablement ses acteurs culturels.
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