Une parole vive pour penser le présent, nommer les faits et imaginer demain.
La démarchandisation n’est pas une idée abstraite. C’est une réponse concrète à une réalité que chacun ressent : de plus en plus de choses essentielles deviennent difficiles d’accès, plus coûteuses, plus complexes.
Se déplacer, se former, se soigner, vivre dignement, apprendre, travailler, habiter un territoire : tout cela ne peut pas dépendre uniquement de logiques économiques.
Une Région ne peut pas tout faire. Mais elle peut choisir ce qu’elle protège.
Dans une région comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, la mobilité n’est pas un confort. C’est une condition de vie. Quand les transports deviennent trop chers ou insuffisants, ce sont des territoires entiers qui décrochent.
La liberté de bouger ne doit pas dépendre du prix du billet.
→ Mettre en place une tarification plus juste et progressive sur les TER et cars régionaux.
→ Renforcer les tarifs solidaires pour les jeunes, apprentis, étudiants, demandeurs d’emploi et travailleurs modestes.
→ Prioriser les lignes du quotidien.
→ Renforcer la présence humaine dans les trains, les cars et les gares.
La formation doit permettre d’avancer, pas de tourner en rond. Trop souvent, elle devient illisible, fragmentée, parfois déconnectée des réalités du terrain.
Une formation utile se mesure à ce qu’elle change dans une vie.
→ Conditionner les financements à la qualité réelle des formations.
→ Évaluer l’insertion professionnelle après formation.
→ Soutenir prioritairement les acteurs publics, associatifs et coopératifs.
→ Construire un véritable service public régional de la formation.
Les lycées relèvent directement de la Région. Ils doivent rester des lieux d’apprentissage, de stabilité, d’émancipation et de construction collective.
L’avenir des jeunes ne se gère pas comme un service externalisé.
→ Investir dans des lycées publics dignes, sobres et modernes.
→ Garantir une restauration scolaire accessible et de qualité.
→ Refuser la privatisation rampante des services.
→ Renforcer la présence humaine dans les établissements.
Aider une entreprise, ce n’est pas neutre. C’est soutenir un modèle. La Région doit choisir ce qu’elle encourage : l’ancrage local, l’emploi, la transition écologique, la coopération.
L’argent public doit servir à produire, pas à capter.
→ Conditionner les aides régionales à des critères sociaux, écologiques et territoriaux.
→ Soutenir davantage l’économie sociale et solidaire.
→ Favoriser les entreprises ancrées localement.
→ Encourager les reprises d’entreprises par les salariés.
La terre est une ressource vitale. Dans une région faite de montagnes, de plaines, de vallées et de savoir-faire agricoles, elle ne peut pas être traitée comme une simple valeur financière.
On ne spécule pas sur ce qui nous fait vivre.
→ Soutenir l’installation agricole.
→ Protéger les terres agricoles contre l’artificialisation.
→ Développer les circuits courts, notamment dans les lycées.
→ Accompagner les pratiques agricoles durables.
La Région ne dirige pas les hôpitaux. Mais elle peut agir sur la formation, l’installation, l’aménagement du territoire et le soutien aux structures de proximité.
Se soigner ne doit jamais devenir un parcours du combattant.
→ Soutenir les centres de santé publics, associatifs ou territoriaux.
→ Aider les maisons de santé dans les zones fragiles.
→ Renforcer les formations sanitaires et sociales.
→ Conditionner les aides à une vraie accessibilité pour les habitants.
La sécurité ne se résume pas aux slogans. Elle se construit dans les lieux du quotidien : les trains, les cars, les gares, les lycées, les abords des équipements publics.
La première sécurité, c’est de pouvoir vivre sans peur.
→ Renforcer la présence humaine dans les transports régionaux.
→ Sécuriser les gares, les abords de lycées et les pôles d’échanges.
→ Soutenir la médiation, la prévention et les coopérations locales.
→ Ne pas remplacer l’humain par une sécurité uniquement technologique.
La transition écologique ne doit pas être vécue comme une punition. Elle doit protéger les habitants, réduire les factures, soutenir les territoires et préparer l’avenir.
Une écologie juste protège autant qu’elle transforme.
→ Accélérer la rénovation énergétique des lycées et bâtiments régionaux.
→ Soutenir les énergies locales et citoyennes.
→ Aider les territoires ruraux et de montagne à s’adapter.
→ Relier transition écologique, pouvoir d’achat et justice sociale.
La démarchandisation ne consiste pas à refuser l’économie. Elle consiste à refuser que tout soit soumis à la même logique.
Dans les transports, les lycées, la formation, l’économie, la santé, la sécurité, l’agriculture et l’environnement, la Région peut agir. Elle peut décider que l’argent public servira d’abord les habitants, les territoires et les biens essentiels.
Ce qui est essentiel ne doit jamais dépendre uniquement du marché.
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